"La transition et les carburants synthétiques: critique et réfutation des thèses de Jean-Baptiste Fressoz sur la procrastination climatique", par Antonin Pottier.
media.hal.science/HIPHISCITECH...La transition et les carburants synthétiques: critique et réfutation des thèses de Jean-Baptiste Fressoz sur la procrastination climatique
<p> Dans le chapitre 12 de <em> Sans Transition</em>, Jean-Baptiste Fressoz défend que la transition énergétique, appliquée au problème climatique, produirait de la procrastination. Il s'appuie pour cela principalement sur l'épisode du programme des carburants synthétiques (synfuels) aux États-Unis (été 1979), mais mentionne aussi d'autres exemples (les travaux de Laurmann, la Première conférence mondiale sur le climat en 1979, la Conférence de Villach en 1985).</p>
<p> Cet essai rend compte des raisons pour lesquelles les sources ne permettent pas d’étayer que la transition énergétique soit une force d’attentisme climatique au tournant des années 1970-1980. Il reconstitue le débat sur les synfuels de 1979-1980 en se fondant sur des sources parlementaires, des rapports d’institution, des coupures de presse et des articles de littérature spécialisée. Il retrace la trajectoire de l’alerte au problème du CO<sub>2</sub> et montre que la notion de transition y joue un rôle anecdotique. </p>
<p> L'argument de J.-B. Fressoz repose avant tout sur son interprétation du symposium sur le CO<sub>2</sub> et la politique énergétique, tenu au Sénat le 30 juillet 1979. Celle-ci n'est pas corroborée par la lecture précise des actes du symposium comme des sources externes (témoignages de participants, coupures de presse). Les autres exemples convoqués par J.-B. Fressoz ne sont pas plus probants pour soutenir la thèse d’un lien entre transition énergétique et attentisme climatique. </p>
<p> Enfin, l'essai montre que le vocabulaire de la transition n’est pas préférentiellement mobilisé au profit de l’attentisme climatique sur la période considérée, il peut aussi s'insèrer dans la défense d’une action précoce pour limiter les émissions de CO<sub>2</sub>. </p>
<p> Comme thèse historique portant sur le tournant des années 1970-1980, la force dilatoire de la transition énergétique ne résiste pas à la relecture des sources. </p>